L'occitan, langue du Rouergue

Une des langues historiques de France

L’occitan est une des langues historiques de France, parlée dans 32 départements, ainsi qu’en Italie (Alpes du Sud) et en Espagne (Val d’Aran), où elle a un statut de langue officielle.

 

Cette langue se décline en six grands dialectes : gascon, languedocien et provençal pour le groupe méridional (cantar…), limousin, auvergnat, alpin pour le groupe septentrional (chantar…). Les parlers rouergats font partie de l’ensemble languedocien.

L’occitan se trouve au carrefour des principales langues romanes (français, catalan, espagnol, italien, portugais…), groupe linguistique formé au cours de la seconde moitié du premier millénaire.

 

Au XIIe siècle, la civilisation des troubadours (trobadors) occitans rayonne de l’Europe jusqu’à la Palestine.

Utilisée dans des actes et des documents de la vie publique ou privée pendant un millénaire, c’est la langue de la vie quotidienne pour la majorité des Aveyronnais au milieu du XXe siècle. Elle compte, aujourd’hui encore, de nombreux locuteurs et écrivains. Elle est enseignée, selon différentes modalités (initiation, bilinguisme, immersion, cours pour adultes), sur l’ensemble du territoire départemental.

Occitan et dialectes de l'Europe du Sud


Pour lire l'occitan


Pour bien prononcer l’occitan, il faut accentuer les mots sur l’avant-dernière syllabe comme dans la plupart des langues romanes. Les exceptions à cette règle sont notées par un accent aigu.


Prononciation des voyelles
 

  • a prend un son voisin de “o” à la fin des mots : ala / “alo” / aile, et parfois même à l’intérieur des mots : campana / “compono” / cloche.
  • e = “é” : rafe / “rafé” / radis.
  • i forme une diphtongue s’il est associé à une voyelle : rei / “rey” / roi ; pàisser / “païssé” / paître.
  • o = “ou” : rol / “roul” / tronc.
  • o = “o” ouvert, presque “ouo” : gorp / “gorp, gouorp” / corbeau ; òme / “omé, ouomé” / homme.
  • u forme une diphtongue et prend le son “ou” s’il est placé après une voyelle : brau / “braou” / taureau ; seu / “seou” / sien ; riu / “riou” / ruisseau.
  • u prend un son voisin de “i” quand il est placé devant un o en début de mot (uòu / “ioou” / œuf) et même à l’intérieur des mots (buòu / “bioou” / bœuf).

Dans les diphtongues, on entend toujours les deux voyelles :

  • ai comme dans “rail” : fraisse / “fraïssé, frayssé” / frêne ; paire / “paire” / père ; maire / “mairé” / mère.
  • ei : rei / “rèï, rey” / roi.
  • oi jamais comme dans “roi” : boisson / “bouïssou” / buisson ; bois / “bouïs” / buis.
     

Prononciation des consonnes
 

Elles sont toutes prononcées en finale sauf n et r : cantar / “canta” / chanter.
b devient “p” devant l : estable / “estaplé” / étable ; devient parfois “m” à l’initiale devant une voyelle : bocin / “moussi” / morceau.
g tend à disparaître entre deux voyelles : li(g)ador / “liadou” / outil pour lier les gerbes ; ai(g)a / “aïo” / eau.
• le h mouille les consonnes l, n : palha / “palio” / paille ; montanha / “mountagno” / montagne.
j, ch = “dj” à “ts” : jorn / “djiour, tsoun” / jour.
m se prononce “n” en finale : partèm / “partenn” / nous partons.
n ne se prononce pas en finale : bon / “bou” / bon. On entend le son “n” s’il est suivi d’une autre consonne : dent / “dénn” / dent.
r très roulé, presque “d” : paire / “païré, païdé” / père ; maire / “maïré, maïdé” / mère.
s, plus ou moins chuintant, tend à disparaître entre deux voyelles : la glèi(s)a / “lo glèio” / l’église.
v = “b” : vaca / “baco” / vache.
Dans certains mots qui comportent deux consonnes de suite, la première ne se prononce pas, la seconde est redoublée : espatla / “espallo”/ épaule ; rotlar / “roulla” / rouler ; pednar / “pennar” / piétiner…