Vue générale depuis le château (castèl), septembre 1996

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Introduction

Vue générale depuis le château (castèl), septembre 1996

« Sévérac le Château a fait l’objet de plusieurs monographies et d’ouvrages comme ceux d’E. de Chaliés (1911), de Molinié (1919), du chanoine Julien (1936) et d’Hebrard.

La situation stratégique et dominante de Sévérac le- Château apparaît au premier regard. Le château contrôlait les passages du Gévaudan à Rodez, par la vallée de l’Aveyron, et de Saint-Geniez à Millau. Les vestiges antiques (dolmens, habitats gallo-romains) de la région montrent que le pays était très favorable à un établissement humain. La butte de Sévérac dût être un oppidum. Ce fut le chef-lieu d’une viguerie carolingienne (IXe siècle), doté très tôt d’un château-fort, puis le siège d’une importante baronnie dont le mandement allait de la vallée du Lot à la vallée du Tarn et même jusqu’à celle de la Jonte, et du Causse de Sauveterre à Laissac. Les seigneurs de Sévérac étaient vassaux des comtes de Barcelone, vicomtes de Millau et de Gévaudan, auxquels ils rendaient hommage. En 1204, Pierre d’Aragon vint à Sévérac et il engagea le château, en même temps que la vicomté de Millau, à Raymond VI, comte de Toulouse. Malgré cet engagement, la suzeraineté des rois d’Aragon se maintint à Sévérac. Irdoine, fille unique de Guy IV de Sévérac, épousa en 1204 Guillaume, comte de Rodez, puis Raymond, vicomte de Turenne (cité dans l’hommage de 1211) et enfin Dordé de Caylus, dont la famille était issue du château de ce nom, au-dessus de Saint-Affrique. Sa descendance releva le nom de Sévérac. Dordé de Caylus-Sévérac se soumit le 21 novembre 1214 à Simon de Montfort, qui était venu assiéger le château. Ce fut le début d’une période mouvementée : des querelles de successions, qu’explique l’importance de l’enjeu, opposèrent en particulier au début du XIVe siècle Béatrice de Béziers, veuve de Guy de Sévérac, et Dordé de Sévérac son beau-frère. La veuve de celui-ci, Jeanne de Narbonne finit par l’emporter en 1352. Le dernier Sévérac de la seconde race, Amaury, maréchal de France, fut assassiné à Gages en 1427 sur l’ordre de Jean IV d’Armagnac ou de Bernard, comte de Pardiac, frère de celui-ci, qui se disputaient déjà l’héritage. Celui-ci échut en effet à la famille d’Armagnac, mais elle ne le garda pas longtemps. Lors de la révolte des Armagnac, le Dauphin, le futur Louis XI, vint en Rouergue et s’empara le 11 avril 1444 de la place défendue par le bâtard d’Armagnac. Les biens de Jean V d’Armagnac furent confisqués (1470) et Louis XI donna la seigneurie à Antoine de Chabannes, comte de Dammartin. S’appuyant sur le testament de Guy VII de Sévérac (1390), la famille d’Arpajon revendiqua Sévérac et elle finit par l’emporter en 1508 à la suite d’un grand procès.

La nouvelle maison de Sévérac, celle d’Arpajon, allait connaître les grandeurs et les violences des précédentes : Antoine d’Arpajon embrassa le Calvinisme et se jeta dans la guerre avec cruauté. Son fils, ardent calviniste, fut tué en 1570. Jacquette de Clermont, épouse de Jean V d’Arpajon fit précipiter les prêtres de la région du haut du château. Jean V se convertit au catholicisme en 1634. Leur fils, Louis d’Arpajon, maréchal de France, devint duc et pair de France en 1650, ministre d’Etat en 1653, sénéchal du Gévaudan en 1657. Il combla de largesses l’église Notre-Dame de Ceignac qui se trouvait dans sa terre de Calmont. Il obtint en 1644 des lettres patentes portant rétablissement sur sa tête du comté de Rodez et fit donner à Sévérac le nom d’Arpajon. C’est lui qui fit construire le grand corps du bâtiment (sud) dont on voit encore les ruines et le portail du château, œuvres de l’architecte florentin Domenico Gargioli ou Gargiulo. Mais des ombres ternissent cette grandeur : selon la tradition, il aurait fait saigner sa femme, Gloriande de Thémines, soupçonnée d’infidélité (avril 1635). Il exhéréda son fils, Jean-Louis, en raison de ses dérèglements et peut-être aussi parce qu’il le pensait illégitime. Celui-ci, profitant d’une de ses absences, réunit une bande d’aventuriers et vint piller le château en 1660. Louis d’Arpajon eut de son troisième mariage une fille, Catherine-Françoise, qui devint dame du palais de Marie-Adelaïde de Savoie et épousa François de Roy de la Rochefoucault, comte de Roussy. La famille ne résida plus et le château fut abandonné, les biens progressivement aliénés. A la Révolution, la dernière héritière du nom d’Arpajon (descendant de Jean-Louis), épouse du comte de Noailles, périt sur l’échafaud et la dernière dame de Sévérac, la maréchale de Biron, fut elle-même décapitée le 9 messidor an II. Le château fut acquis au XIXe siècle par la famille Couret, de Saint-Geniez, et peu à peu le mobilier disparut ou fut aliéné. Les portraits de famille et une botte attribuée à Gloriande de Thémines sont au Musée Fenaille à Rodez.
Sévérac devint chef-lieu de district sous la Révolution (1790).

Ainsi que l’historique précédent le rappelle, le château occupe vraisemblablement l’emplacement d’un oppidum. Le donjon médiéval a disparu dans l’incendie de 1658. Le château était défendu par deux enceintes, l’une autour du rocher (portail et corps de garde du XVIIe siècle) et l’autre autour de la ville (la rue des Douves en garde le souvenir). Le château fut rebâti, comme on l’a vu, au XVIIe siècle, du côté du Midi : grand bâtiment de 80 mètres de long avec décor de bucranes sur la façade de la cour, grand portail Louis XIII, double escalier en fer à cheval donnant accès aux appartements du seigneur. L’importance de la bâtisse, si haut perchée, avait de quoi impressionner. La terrasse au bord de laquelle se trouve la chapelle Saint-Jean porte le nom de “terrasse des canons”. » (Jean Delmas, 1996)

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Vue générale depuis le château (castèl), septembre 1996
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