Las castanhas e la mièja-vida dels païsans

Collecté en 2000 Sur les Communes de Brandonnet, Compolibat, Prévinquières Voir sur la carte
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Introduction

Il y avait des séchoirs à châtaignes (secadors) sur place, dans les castanhals, près des maisons associés au four à pain, et parfois même dans la maison sous la forme d’une cleda placée dans la cheminée.

Très riches en oligo-éléments, les châtaignes séchées (rufets) étaient utilisées aussi bien pour nourrir les hommes que pour le bétail. On les réduisait même en farine.

En Rouergue, plusieurs termes désignent la châtaigne séchée : auriòl, castanhon, secon, rufet, rufòl, afachon…

Ce témoignage est illustré par una grelada filmée à Rieupeyroux dans les années 1970 par Robert Talon.

La tradition voulait que, quand les châtaignes étaient cuites, on les laisse reposer un temps dans une corbeille en paille (palhassa) afin qu'elles s'épluchent mieux et que le plus jeune de la maisonnée s'assoie sur la palhassa.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

BERTHE ET PAUL COSTES

née Lafon en 1921 à Compolibat ; né en 1913 à Brandonnet.

Transcription

Occitan
Français
« A… las castanhas…
– Aquò èra la mièja vida dels païsans…
– Las caliá amassar e pièissa las metiam a secar dins un secador. Metiam aquò sus un grilhatge en naut e pièissa, ambe de socs, de tancs de castanhièr o de garric…
– Aquò fumava.
– Alucavan aquò dejós, aquò fumava e las castanhas secavan. Pièissa manjavan de castanhas tota l'annada. Arribàvem mème a las palar pels pòrcs. Quand èran plan secas, arribavan mème a las prene al molin per las far mòlre, per far de farina.
– Aquò èra per las bèstias.
– Aquò èra de farina pel bestial. Ara nautres ne manjàvem atanben tot l'ivèrn, tota l'annada manjàvem de castanhas.
– Las devián far pro còire…
– Las palàvem e…
– Sai pas se n'ai manjadas…
– Las fasiam plan còire et voilà, e manjàvem aquò.
– Me rapèli, lo paure pepè aicí, que disiá que li metiá de lach.
– Pauc impòrta…
– Espotissiá aquò dins l'assièta e pièi li metiá de lach. Je sais pas moi, je l'ai jamais vu… L'ai pas jamai vist.
– Eh oui, aquò's passat de mòda. Una annada ne montèrem un plen tombarèl aquí dessús, al secador, un mèstre cube, e fa(gu)èrem secar aquò pendent quinze jorns, me rapèli pas ara, e pièissa las amassèrem e se conservavan. Ne palàvem per nautres, ne palàvem pels pòrcs. Nos noirissiam amb aquò. Èrem pas tant descampats coma duèi. »
Les châtaignes et la petite vie des paysans
« Ah... les châtaignes...
– C’était la moitié de la vie des paysans...
– Il fallait les ramasser et ensuite nous les mettions à sécher dans un séchoir. Nous mettions ça sur un grillage en haut et ensuite, avec des souches de châtaignier ou de chêne...
– Ça fumait.
– Ils allumaient ça dessous, ça fumait et les châtaignes séchaient. Puis ils mangeaient des châtaignes toute l’année. Il arrivait même que nous les pelions pour les cochons. Quand elles étaient sèches, il arrivait même qu’ils les prennent au moulin pour les faire moudre, pour faire de la farine.
– C’était pour les bêtes.
– C’était de la farine pour le bétail. Maintenant nous nous en mangions aussi tout l’hiver, toute l’année nous mangions des châtaignes.
– Ils devaient les faire cuire assez...
– Nous les pelions et...
– Je ne sais pas si j’en ai mangé...
– Nous les faisions bien cuire et voilà, et nous mangions ça.
– Je me souviens, mon défunt pépé ici, qui disait qu’il y mettait du lait.
– Peu importe...
– Il écrasait ça dans l’assiette et ensuite il y mettait du lait. Je ne sais pas moi, je ne l’ai jamais vu... Je ne l’ai jamais vu...
– Eh oui, c’est passé de mode. Une année nous en montâmes un plein tombereau là-dessus, au séchoir, un mètre cube, et nous fîmes sécher ça pendant quinze jours, je ne me souviens pas maintenant, et ensuite nous les ramassâmes et elles se conservaient. Nous en pelions pour nous, nous en pelions pour les cochons. Nous nous nourrissions avec ça. Nous n’étions pas aussi gâtés qu’aujourd’hui. »

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