Lo patoès

Collecté en 2000 Sur la Commune de St-Chély-d'Aubrac Voir sur la carte
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Introduction

A l'école, les enfants étaient punis quand ils parlaient leur langue maternelle, l'occitan. On leur suspendait parfois un sabot autour du cou pour les humilier. L'autre méthode très efficace était celle du sinhal. Quand un enfant parlait occitan, le maître lui donnait un objet en bois appelé sinhal. Celui qui détenait le sinhal en fin de journée était puni. Pour se débarrasser de cet objet, les écoliers devaient dénoncer l'un de leur camarade qui s'était exprimé dans la langue interdite.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

MARTHE CAVALIER

née Rodier en 1926 à Saint-Chély.

Transcription

Occitan
Français
« Ambe la sòrre que èra aquí : tot lo temps patoès. Tot lo temps. Amai amb aquela vesina, aquí. Oui, oui.Ara, ambe los enfants, nautres, aviam talament trimat per aprene lo francés que di(gu)èrem : “Nòstres enfants, caldrà pas que trimen coma nautres, lor cal aprene lo francés.” Alara, totjorn entre nautres, nos parlàvem lo patoès, mès ambe los enfants, parlàvem lo francés. E ara que tòrnan ensenhar lo patoès ! Ieu voldriái pas que se perdèsse !
Alara, nautres, aviam trimat. Quand anàvem a l'escòla nos punissián parce que parlàvem lo patoès et alors,per aprene lo francés, bien sûr !
Ara aprenon l'anglés mès nautres sabèm doas lengas : lo patoès e lo francés !
Encara de còps, nos trompam, ambe lo francés, parce que l'òm prononça pas tròp… L'òm es pus libres de parlar lo patoès que lo francés, que encara l'escorgam, comme on peut le dire. »
Le patois
« Avec ma sœur qui était ici : tout le temps patois. Tout le temps. Et aussi avec cette voisine, là. Oui, oui. Maintenant, avec les enfants, nous, nous avions tellement trimé pour apprendre le français que nous avons dit : “Nos enfants ne doivent pas trimer comme nous, il faut leur apprendre le français.” Alors, entre nous, nous parlions toujours patois, mais avec les enfants, nous parlions français. Et maintenant ils enseignent à nouveau le patois ! Je ne voudrais pas que ça disparaisse !
Alors, nous, nous avions trimé. Quand nous allions à l’école, ils nous punissaient parce que nous parlions patois, pour apprendre le français, bien sûr !
Maintenant ils apprennent l’anglais mais nous nous savons deux langues : la patois et le français !
Parfois encore, nous nous trompons, avec le français, parce que nous ne prononçons pas trop... On est plus libres en parlant patois que français, parce qu’on l’écorche encore, comme on peut le dire. »

Localisation

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