Los cotelièrs de Sauvatèrra
Introduction
« À ma connaissance, M. Julien Briane est le seul informateur de tradition orale a avoir évoqué la coutellerie de Sauveterre dont l’activité s’éteignit au XVIIe siècle. Les tornalhs des couteliers sauveterrats étaient situés des deux côtés du Lézert sur les terres des seigneuries de Castelnau-Peyralès et de Verdun (dont dépendait Cadars). En 1587, les couteliers de Sauveterre “Anthoine Bourcet” dit “Vinzolle”, “Hugues Jehan" dit “Parriquet” et “Anthoine Négrier” dit “Fargo cotteliera” bâtirent une “payssieyra” sur le Lézert et construisirent un bief pour mener l’eau jusqu’à leurs tornalhs et permettre aussi l’irrigation d’un pré nommé “pred Caulet” appartenant alors à Jacques Garrigues de La Garde. Ce fut l’occasion d’un procès opposant les meuniers des moulins de Miquel et du Montilhar aux couteliers de Sauveterre et à Jacques Garrigues de La Garde. “Lo prat de Caulet” évoqué par Julien Briane en 1974 est le même que le “pred Caulet” cité en 1587 par le notaire de Sauveterre Jean Maliany. En remontant la rivière, ce pré se situe au-dessus du moulin de Miquel et à la verticale du mas des Cayroux où habitait Julien Briane. Ajoutons encore ceci (qu’ignorait Julien Briane) : les Caulet étaient seigneurs de Cadars au XVIe siècle. Ils donnèrent des capitols à Toulouse. Vers 1530, les Caulet succédèrent à Pierre Rossignol comme seigneurs de Cadars. Plus loin encore dans le temps nous trouvons “Uc Bartholomai” dit “d’Auzitz”, marchand du Bourg de Rodez, lequel s’établit à Cadars vers 1452 et fut un des principaux protecteur de la coutellerie de Sauveterre.
Sauveterre fut à la fin du Moyen Age la capitale de la coutellerie rouergate et un centre important de la coutellerie méridionale. Au XVe siècle, soutenue par les capitaux de marchands ruthénois et sauveterrats, la coutellerie était en pleine expansion. Vers 1425, on dénombrait à Sauveterre une trentaine de forgerons, dont seize utilisateurs de tornalhs. Cette industrie originale n’aurait pu se développer sans les installations hydrauliques des tornalhs (moulins à émoudre ou à aiguiser) : lesquels furent installés sur le Lézert au XIVe siècle. Les inventaires des biens de plusieurs couteliers sauveterrats dressés au XVe siècle mentionnent aussi, outre l'utilisation des tornalhs, les stocks d’acier, de fer, de charbon, de buis, de corne entreposés dans les ateliers, les lames de couteaux, les canifs (ganivethz), les signes et marques de fabrique, les gaines, les corbeilles pour les couteaux et enfin l’outillage : soufflets doubles, enclumes, masses, maillets, marteaux, tenailles, cisailles, bancs pour percer les manches, rivets, petites scies, meules de pierre ou molas reparadoyras servant à polir la coutellerie fine, etc. Signes distinctifs de qualité attibués par le pouvoir royal aux corporations, les marques de fabrique (intersenhals e ponchos stripados) attestent d'une profession reconnue, réglementée et organisée. » (Pierre Marlhiac)
Ethnotexte
Julien BRIANE
Des Cayroux de Cadars (enregistrement Pierre Marlhiac, 1974)
Transcription
Occitan
Français
« I aviá de cotelièrs un còp èra, lo long del riu, al prat de Caulet... agusavan los cotèls, los cisèls... »
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