Adieu charmante boscagère…

Collecté en 1996 Sur les Communes de Salmiech, Ste-Juliette-sur-Viaur Voir sur la carte
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Introduction

Ces dialogues chantés entre une personne de rang élevé et une jeune femme de modeste extraction sont appelés pastorèlas. "Gentille pastourelle" est la plus répandue dans la région.

Toutes révèlent la situation diglossique de l'occitan par rapport au français, mêlée à un conflit de classes. L'homme instruit s'adresse à la jeune femme en français. La jeune femme lui répond en occitan.

Il s'agit d'un genre populaire très ancien que l'on retrouve dans la lyrique des troubadours.

Vidéo

© Institut occitan de l'Aveyron - Réalisation Amic BEDEL

COSTES LÉA ET GAFFIER YVONNE

née Gayrard en 1924 à Sainte-Juliette sur Viaur ; née Gayrard en 1922 à Sainte-Juliette sur Viaur.

Transcription

Occitan
Français
« Adieu, charmante boscagère,
Je viens dans cet heureux séjour,
Pour te témoigner, la bergère,
Le sentiment de mes amours.
Je viens pour essuyer les larmes,
Te dire un mot de vive voix.
C’est ton amant qui se désarme,
Pour vivre heureux auprès de toi.

– Mossur avètz l’èr d’un juraire,
Aquò d’aquí me trompa pas,
Disètz que sètz mon galinaire,
Aquò d’aquí o cresi pas.
Sètz al segur un trompur de filha,
Un fin rainald mès que n’i a pas.
Sètz al segur un trompur de filha,
Anatz-vos vite amusar las.

– Belle, ne sois pas si sévère,
Ecoute la voix d’un amant,
D’un amant tendre et sincère,
Qui te donne son sentiment.
T’en souviens-tu, belle bergère,
A l’ombre de ces trois ormeaux,
Tu m’as promis ton cœur en gage,
En présence de ton troupeau.

– Mossur ara finirai per creire,
Que ce que me disètz es vrai,
Me’n soveni quand me veniatz veire,
N’i aurà sèt ans al mes de mai.
Quand partiguèretz per l’armada,
Me fasquèretz un bèl present,
S’aquò sètz vos, soi consolada,
Explicatz-vos, nos aimarem.

– Oh oui c’est moi, chère compagne,
D’un ton joyeux je te le dis,
J’ai fait la guerre en Allemagne,
En Portugal, en Italie.
Mais tiens, voilà, ma petite,
Le souvenir de mes exploits,
C’est avec la croix du mérite,
Que je reviens auprès de toi.

– N’aviatz un pauc jo(g)at del sublet,
Quand partiguèretz del país,
Ara me parlatz coma un libre,
Ont avètz aprés a legir ?
N’ai pas pus paur de vòstras mostachas,
De vòstre sabre, de vòstre fusilh,
N’ai pas pus paur de vòstras mostachas,
Vos permeti de m’embraçar.

– Allons nous-en sur la grand route,
Allons le dire à nos parents,
Ils seront satisfaits sans doute,
De nous voir ensemble ce soir.
Mais, oh grand Dieu, quelle surprise,
Pour les habitants du quartier,
Quand ils diront : “Voilà Louise,
Femme du charmant grenadier !” »
Adieu charmante boscagère...
« Adieu, charmante boscagère,
Je viens dans cet heureux séjour,
Pour te témoigner, la bergère,
Le sentiment de mes amours.
Je viens pour essuyer les larmes,
Te dire un mot de vive voix.
C’est ton amant qui se désarme,
Pour vivre heureux auprès de toi.

– Monsieur vous avez l’air d’un jureur,
Cela ne me trompe pas,
Vous dites que vous êtes mon amoureux,
Cela je ne le crois pas.
Vous êtes au sûr un trompeur de fille,
Un fin renard comme il n’y en a pas.
Vous êtes au sûr un trompeur de fille,
Allez vite les amuser.

– Belle, ne sois pas si sévère,
Ecoute la voix d’un amant,
D’un amant tendre et sincère,
Qui te donne son sentiment.
T’en souviens-tu, belle bergère,
A l’ombre de ces trois ormeaux,
Tu m’as promis ton cœur en gage,
En présence de ton troupeau.

– Monsieur maintenant je finirai par croire,
Que ce que vous me dites est vrai,
Je me souviens quand vous veniez me voir,
Il y aura sept ans au mois de mai.
Quand vous partîtes pour l’armée,
Vous me fîtes un beau présent,
Si c’est vous, je suis consolée,
Expliquez-vous, nous nous aimerons.

– Oh oui c’est moi, chère compagne,
D’un ton joyeux je te le dis,
J’ai fait la guerre en Allemagne,
En Portugal, en Italie.
Mais tiens, voilà, ma petite,
Le souvenir de mes exploits,
C’est avec la croix du mérite,
Que je reviens auprès de toi.

– Vous aviez un peu joué du sifflet,
Quand vous partîtes du pays,
Maintenant vous me parlez comme un livre,
Où avez-vous appris à lire ?
Je n’ai plus peur de vos moustaches,
De votre sabre, de votre fusil,
Je n’ai plus peur de vos moustaches,
Je vous permets de m’embrasser.

– Allons nous-en sur la grand route,
Allons le dire à nos parents,
Ils seront satisfaits sans doute,
De nous voir ensemble ce soir.
Mais, oh grand Dieu, quelle surprise,
Pour les habitants du quartier,
Quand ils diront : “Voilà Louise,
Femme du charmant grenadier !” »

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