La falsa trèva e lo barral de vin

Collecté en 2000 Sur la Commune de Montjaux Voir sur la carte
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Introduction

Les trèvas sont des revenants qui se manifestaient de diverses manières afin de contraindre les héritiers à faire dire des messes pour le repos de l'âme du défunt.

Cette croyance était très répandue jusqu'au début du XXe siècle.

Des plaisantins pouvaient en jouer mais, quelquefois, la fausse trèva est démasquée par un paroissien plus courageux que les autres.

Ce récit de l'arroseur arrosé est très répandu. Nous l'avons collecté à de nombreuses reprises en Aveyron. Parfois, comme c'est le cas ici, la fausse trèva ne survit pas à ses blessures.

Pour faire cesser ces phénomènes, on faisait appel au curé. La tradition orale rapporte que les croix implantées dans les campagnes et la sonnerie de l'angélus chassaient les trèvas.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

ROBERT ROUQUET

né en 1929 à Paris.

Transcription

Occitan
Français
« Mon paire, quand èra pus jove, èra lo(g)at dins una bòria e pardí aviá quinze o setze ans a l'epòca. Aquí dedins i aviá atanben un paure colhon qu'èra pas plan intelligent, mès bon… Totes se fotián un pauc de el…
Li demandèron un seras s'aviá pas paur de las trèvas.
Di(gu)èt :
“Ieu ai pas paur de res !
– E ben ten, aqueste seras, prendràs lo barral e anaràs cercar de vin aval al vilatge, que deman aurem set per segar…”
Pardí, lo colhon parti(gu)èt, se'n anèt. E pièi n'i a un que parti(gu)èt tot de suita darrès amb un dençòl, li voliá far paur en rota.
Al cap d'una ora, lo trace tornèt :
“Me danse, as pas trapat las trèvas empr'aquí ?
– A… ai vist quicòm de blanc aval amb un dençòl, li t'ai fotut un còp de barral sus las cilhas e l’ai fotut jol pontilh !”
Tot lo monde parti(gu)èt en corre(gu)ent mès arribèron tròp tard, l'autre, assucat, s'èra negat e pecaire…
A faire de colhonadas coma aquò, e ben, n'i a un que i demorèt… »
Les faux revenants et le tonnelet de vin
« Mon père, quand il était jeune, il était loué dans une ferme et bien sûr il avait 15 ou 16 ans à l'époque. Là-dedans il y avait aussi un pauvre couillon qui n'était pas tellement intelligent, mais bon… Ils se foutaient tous un peu de lui…
Ils lui demandèrent un soir s'il n'avait pas peur des revenants.
Il dit :
“Moi je n'ai peur de rien !
– Eh bien tiens, ce soir, tu prendras le tonnelet et tu iras chercher du vin là-bas au village, car demain nous aurons soif pour moissonner...”
Bien sûr, le couillon partit, il s'en alla. Et puis un autre partit tout de suite derrière avec un drap, il voulait lui faire peur en route.
Au bout d'une heure, le petit revint :
“Bon sang, tu n'as pas trouvé les revenants par-là ?
– Oh… j'ai vu quelque chose de blanc là-bas avec un drap, je lui ai foutu un coup de tonnelet sur le front et je l'ai foutu sous le petit pont !”
Tout le monde partit en courant mais ils arrivèrent trop tard, l'autre, assommé, s'était noyé et le pauvre…
À faire des conneries comme ça, eh bien, il y en a un qui y resta… »

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