L'ase
Introduction
On moquait parfois les Aveyronnais de Paris qui revenaient au pays avec un peu trop d'orgueil.
Ethnotexte
Germain RECOULES
né en 1913 à Lestrade de Thouels, décédé en 2004.
Transcription
Occitan
Français
Un Parisien, de retour au pays pour les vacances, se promène avec son frère resté au pays.
« Per un claus, li aviá un ase. Alara, lo qu'èra partit a París parlava francés, disiá al fraire : “Tu n’as pas évolué, tu n’as pas suivi le progrès, tu aurais dû faire une grange... enfin t'être agrandi pour dire de mieux travailler.” Aquel ase, al fons del pradèl, fasiá : “Chi…an ! Chi… an !” tot lo temps. “Qu’est-ce qu'il a, ton bourricot, là-bas ? Il est malade ?” Alara, lo fraire li respondèt en patoès : “A…, paure enfant, aquò’s pus fòrt qu’el : quand vei un autr'ase, cal que cante !” »
Un Parisien, de retour au pays pour les vacances, se promène avec son frère resté au pays.
« Dans un enclos, il y avait un âne. Alors, celui qui était parti à Paris parlait français, il disait à son frère : “Tu n’as pas évolué, tu n’as pas suivi le progrès, tu aurais dû faire une grange... enfin t'être agrandi pour dire de mieux travailler.” Cet âne, au fond du pré, il faisait : “Chi…an ! Chi… an !” tout le temps. “Qu’est-ce qu'il a, ton bourricot, là-bas ? Il est malade ?” Alors, le frère lui répondit en patois : “Ah… pauvre enfant, c'est plus fort que lui : quand il voit un autre âne, il faut qu'il chante !” »