Bonjour bergerette…

Collecté en 2000 Sur la Commune de La Salvetat-Peyralès Voir sur la carte
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Introduction

Les dialogues chantés entre une personne de rang élevé et une jeune femme de modeste extraction sont appelés pastorèlas. "Gentille pastourelle" est la plus répandue dans la région.

Toutes révèlent la situation diglossique de l'occitan par rapport au français, mêlée à un conflit de classes. Généralement, le seigneur s'adresse à la jeune femme en français. Il veut l'emmener, lui inculquer les bonnes manières et lui faire connaître le beau monde. La jeune femme lui répond en occitan et préfère rester dans sa campagne.

Il s'agit d'un genre populaire très ancien que l'on retrouve dans la lyrique des troubadours.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

Henriette MAZARS

née Vabres en 1927 à Barraban de La Salvetat-Peyralès.

Transcription

Occitan
Français
« Bonjour bergerette !
– Adissiatz, mossur !
– Que fais-tu seulette,
Dans ce si beau lieu ?

– Gardi mas fedetas
E mos anhelons,
Rotli ma gauleta
De cent mila flors.

– Ce sont là, bergère,
Tes amusements,
Être si charmante,
N'avoir pas d'amant.

– Sent ai dich !, mossur,
De qué m'avètz nommat,
Que jamai ma maire
Me'n a pas parlat…

– Je sais bien que ta mère
Ne t'en parle pas,
Mais ton cœur, la belle,
Te le dit tout bas.

– Cossí volètz que parle,
Non a pas de voès…
Cossí volètz que sache,
Sans que li disètz ?

– Ton chien, ma bergère,
Plus aimant que toi,
Me caresse, me flatte,
S'assied près de moi.

– N'a la lenga doça,
Vos sent lo crostet,
E prèp de vos se cocha,
Per que li'n donètz.

– Arrête au plus vite,
Passe et revient,
Ma mort et ma vie
Sont entre tes mains.

– Dedins mas manetas,
Ne teni res pus,
Que ma conolheta,
Mon fial e mon fus. »
Bonjour bergerette…
« Bonjour, bergerette !
– Bonjour, monsieur !
– Que fais-tu seulette,
Dans ce si beau lieu ?

– Je garde mes petites brebis
Et mes agnelets,
J’entoure ma houlette
De cent mille fleurs.

– Ce sont là, bergère,
Tes amusements,
Être si charmante,
N'avoir pas d'amant.

– Mon Dieu !, monsieur,
Qu’avez-vous nommé,
Jamais ma mère
Ne m’en a parlé...

– Je sais bien que ta mère
Ne t'en parle pas,
Mais ton cœur, la belle,
Te le dit tout bas.

– Comment voulez-vous qu’il parle,
Il n’a pas de voix...
Comment voulez-vous qu’il le sache,
Sans que vous le lui disiez ?

– Ton chien, ma bergère,
Plus aimant que toi,
Me caresse, me flatte,
S'assied près de moi.

– Il a la langue douce,
Il sent sur vous le croûton,
Et près de vous il se couche,
Pour que vous lui en donniez.

– Arrête au plus vite,
Passe et revient,
Ma mort et ma vie
Sont entre tes mains.

– Dans mes mains,
Je ne tiens rien d’autre,
Que ma quenouille,
Mon fil et mon fuseau. »

Localisation

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