Clergues e tenèbras, estrenar quicòm per Pascas

Collecté en 2000 Sur les Communes de La Rouquette, Vailhourles Voir sur la carte
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Introduction

Les enfants de chœur étaient appelés clergues en occitan. A tour de rôle, ils devaient aller servir la messe tous les matins.

Chaque année, au moment de Pâques, ils faisaient une quête (quista) d'œufs dans la paroisse et revendaient le produit de leur quête.

Avant Pâques, on disait que les cloches partaient à Rome. Elles ne sonnaient donc pas. Les clergues passaient alors dans les rues du village avec différents instruments (crécelles, claquoirs, cornes, cloches…) pour annoncer les offices.

Pour la messe de Pâques, il était de tradition d'étrenner un vêtement neuf.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

Raymond et Lucette ASTOUL

né en 1938 à Saint-Grat de Vailhourles ; née en 1943 à La Melle de La Rouquette.

Transcription

Occitan
Français
« Ai fach clergue pendent un brave moment, ieu. Èrem tres e anàvem servir la messa cada matin. Enfin, fasiam una setmana cadun e lo curè nos bailava un bocin de paga mès pas plan, benlèu a l'epòca nos bailava vint centimes, cada matin que i anàvem.
Après, per Pascas, anàvem quistar los uòus. Passàvem pels ostals e nos bailavan çò que volián, lo monde. No'n bailavan de còps una dotzena, de còps pas que tres, aquò depend. Alèra ramassàvem totes aquelses uòus. Èrem tres e los partajàvem apèi e los vendiam. Ramassàvem pas plan argent perque se vendián pas… En general, a Pascas es la sason que se vendon lo mens.
E lo monde de còps te'n bailavan amai n'i aviá quauqu'unses de còps que los nos plangián, mème que nos bailavan d'uòus coats ! Mès, se no'n trachàvem que sia(gu)èsson coats, los lor tornàvem gitar per l'ostal, aquí plom ! per la paret !
Las campanas sonavan pas perque èran partidas a Roma, çò nos disián. Devián pas èstre partidas, devián èstre demoradas amont, m'enfin… Nos disián qu'èran partidas. Las sonavan pas sonca tornavan sonar lo jorn de Pascas. Aquí fasiam lo torn del vilatge ambe las tenèbras, aquí, un truc que fasiam virar coma aquò a las oras dels oficis. Avertissiam lo monde amb aquò.
– La tradicion pels joves, enfin ieu me rapèli, nautres estrenàvem quicòm per Pascas, o un tricòt, o una rauba, un daquòs… »
Enfants de chœur et ténèbres, étrenner quelque chose pour Pâques
« J'ai fait enfant de chœur pendant longtemps, moi. Nous étions trois et nous allions servir la messe tous les matins. Enfin, nous faisions une semaine chacun et le curé nous donnait une petite paye, pas tellement, peut-être à l'époque nous donnait-il vingt centimes, chaque matin où nous y allions.
Ensuite, à Pâques, nous allions quêter les œufs. Nous passions dans les maisons et les gens nous donnaient ce qu'ils voulaient. Ils nous en donnaient parfois une douzaine, parfois seulement trois, ça dépend. Alors nous récoltions tous ces œufs. Nous étions trois, nous nous les partagions et nous les vendions. Nous ne gagnions pas beaucoup d'argent parce qu'ils ne se vendaient pas bien. En général, Pâques est la saison où ils se vendent le moins bien.
Les gens t'en donnaient parfois mais certains nous les plaignaient parfois, certains nous donnaient même des œufs couvés ! Mais si nous nous apercevions qu'ils soient couvés, nous les leur jetions sur la maison, là ploum ! sur le mur !
Les cloches ne sonnaient pas car elles étaient parties à Rome, nous disait-on. Elles ne devaient pas être parties, elles devaient être restées en haut, mais enfin… Ils nous disaient qu'elles étaient parties. Ils ne les sonnaient pas jusqu'à ce qu'ils sonnent à nouveau le jour de Pâques. Nous faisions le tour du village avec les crécelles, un truc que nous faisions tourner comme cela aux heures des offices. Nous avertissions les gens avec ça.
– La tradition pour les jeunes, enfin je me souviens, nous, nous étrennions quelque chose pour Pâques, ou un tricot, ou une robe, quelque chose… »

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