Las castanhas

Collecté en 2000 par IOA Sur les Communes de Druelle, La Rouquette, Montsalès, Villefranche-de-Rouergue Voir sur la carte
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Introduction

Le châtaignier (castanhièr) était considéré comme l'arbre à pain des pauvres.

On implantait même parfois des cultures entre les arbres : seigle (segal), pommes de terre (trufas, patanons)…

Les châtaigneraies (castanhals) étaient bien entretenues pour faciliter la récolte.

Les variétés (menas) de châtaignes étaient nombreuses. Il y avait les précoces (aborivas) et les tardives (tardivas), ce qui permettait d’étaler la récolte.

Il y avait des séchoirs à châtaignes (secadors) sur place, dans les castanhals, près des maisons associés au four à pain, et parfois même dans la maison sous la forme d’une cleda placée dans la cheminée.

Très riches en oligo-éléments, les châtaignes séchées étaient utilisées, après en avoir retiré la pelure (descufelar) aussi bien pour nourrir les hommes que pour le bétail. On les réduisait même en farine.

En Rouergue, plusieurs termes désignent la châtaigne séchée : airòl, auriòl, castanhon, secon, rufet, rufòl, afachon…

Ce témoignage est illustré par un film tourné en 1965 par André Andrieu à Salusses sur la commune de Montsalès et en 64 sur le marché de Villefranche.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

Marcel RICARD

né en 1936 à Druelle.

Transcription

Occitan
Français
« Lo castanhièr èra considerat coma una planta que serviá mai que mai a l'alimentacion del monde. Avèm trobat dins los archius, totjorn pareil… Las annadas de misèra, cercavan a conéisser se i aviá de castanhas, quantes de quintals, se podián far viure lo monde amb aquò. Èra una securitat per rapòrt a las culturas perque las culturas reüssissián pas totjorn. Lo bestial reüssissiá pas totjorn tanplan qu'aquò. Los qu'avián d'aures, aquò fasiá una securitat per avure a manjar. O cal dire coma es. Fasián tanplan de se(g)al, una plancha de se(g)al, entre los castanhièrs. De patanons atanben de còps.
Mès èran trabalhats, èran plantats sovent dins las bonas tèrras. Mème sus de causse, arribavan a plantar de castanhièrs. I a de plantacions de castanhièrs aquí a Orlhonac. Sul platèu, i a un bocin de tèrra pus fòrta, aquí, e i a de castanhièrs, de castanhièrs coma de garrics.
Totes èran grefats, oui, mès i aviá una trentena de varietats de castanhas, totjorn pareil que las pomas, cercavan de castanhas dempièi lo pus lèu possible e après avián de varietats de castanhas qu'èran pus tardivas e que se conservavan bien o que se secavan bien, perque bèlcòp èran secadas per far d'airòls.
Las amassavan, i metián los tessons darrèr, netejavan en partida, amassavan las fuèlhas. Lo boès… L'aure èra talhat de temps en temps e, lo boès, se'n servián per se caufar. L'aure… Lo boès de castanhièr es un boès interessent que poirís pas vite. Ne fasián de plancats, ne fasián de charpentas, ne fasián de piquets, ne fasián… Tiravan partit de… jusca las raiças que ne tiravan partit.
I aviá de secadors, dins las castanhals, de pertot. Metián de… I aviá un plancat grilhatjat e, dejós, fasián un fuòc ambe de socas que durava tres setmenas, un mes. Las venián virar de temps en temps e, quand èran secas, las descufelavan e las fasián mòlre.
Las castanhas èran bèlcòp vendudas sus París o mai. I aviá de mercats importents. A Laguépie i aviá un gròs mercat, apr'aicí. Vilafranca es estat un gròs mercat de la castanha. Expediavan y compris en Angleterre, a París… Èra quicòm qu'extremament importent. »
Le châtaignier
« Le châtaignier était considéré comme une plante qui servait surtout à l'alimentation des gens. Nous avons trouvé dans les archives, toujours pareil… Les années de misère, ils cherchaient à savoir s'il y avait des châtaignes, combien de quintaux, s'ils pouvaient faire vivre les gens avec ça. C'était une sécurité par rapport aux cultures car les cultures ne réussissaient pas toujours. Le bétail ne réussissait pas toujours si bien non plus. Ceux qui avaient des arbres, cela faisait une sécurité pour avoir à manger. Il faut le dire comme c'est. Ils faisaient aussi du seigle, une planche de seigle, entre les châtaigniers. Des pommes de terre aussi parfois.
Mais ils étaient travaillés, ils étaient souvent plantés dans les bonnes terres. Même sur du causse, ils arrivaient à planter des châtaigniers. Il y a des plantations de châtaigniers ici à Orlhonac. Sur le plateau, il y a un peu de terre plus forte, là, et il y a des châtaigniers, des châtaigniers comme des chênes.
Tous étaient greffés, oui, mais il y avait une trentaine de variétés de châtaignes, toujours pareil, comme pour les pommes, ils cherchaient à avoir des châtaignes le plus tôt possible et après ils avaient des variétés de châtaignes qui étaient plus tardives et qui se conservaient bien ou qui se séchaient bien, car beaucoup étaient séchées pour faire des châtaignons.
Ils les ramassaient, ils y mettaient les cochons ensuite, ils nettoyaient en partie, ils ramassaient les feuilles. Le bois… L'arbre était taillé de temps en temps et, le bois, ils s'en servaient pour se chauffer. L'arbre… Le bois de châtaignier est un bois intéressant qui ne pourrit pas vite. Ils en faisaient des planchers, ils en faisaient des charpentes, ils en faisaient des piquets, ils en faisaient… Ils tiraient parti de… jusqu'aux racines dont ils tiraient parti.
Il y avait des séchoirs à châtaignes, dans les châtaigneraies, partout. Ils mettaient des… Il y avait un plancher grillagé et, au-dessous, ils faisaient un feu avec des souches qui duraient trois semaines, un mois. Ils venaient les retourner de temps en temps et, quand elles étaient sèches, ils les pelaient et les faisaient moudre.
Les châtaignes étaient beaucoup vendues sur Paris ou ailleurs. Il y avait des marchés importants. À Laguépie il y avait un gros marché, là. Villefranche a été un gros marché pour la châtaigne. Ils expédiaient y compris en Angleterre, à Paris… C'était quelque chose d'extrêmement important. »

Localisation

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