Grand-mère tricotant au coin du feu (canton), au Cayrel

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Introduction

Grand-mère tricotant au coin du feu (canton), au Cayrel

Mme Vassal

« C’est autour du canton (siège de bois à une ou deux places sous la hotte de la grande cheminée qui sert de coffre à sel, et de ce fait appelé aussi lo caisson, caisson) réservé aux plus dignes que se concentre l’animation qui peu à peu s’est retirée du dehors. Autant que la table, le canton fixe les préséances. La vaste cuisine demeure la pièce essentielle de nos maisons. On voit encore la grande cheminée ; devant la plaque de fonte, souvent décorée, pend la crémaillère à crochets. “Les landiers joyeusement accroupis sur la braise redressent leur tige robuste qui s’épanouit en une coupe de métal” : l’écuelle venait s’y loger. Au pied droit le lum ou le calelh donnaient jadis la lumière. La grande horloge dans sa caisse ouvragée avec son balancier de cuivre fait entendre un tic-tac au rythme lent et majestueux. L’armoire au linge blanc proclame les vertus des bonnes familles. Avant les dernières années de misère qui ont dispersé ces trésors, elle renfermait les “linceuls” ou draps de ménage en piles imposantes, les nappes, les serviettes. Chaque génération avait ajouté sa part afin de la transmettre à la génération suivante, c’était aussi la faire participer à ses qualités de sagesse, de labeur et d’économie. Ajoutez encore à ce mobilier les plats et les assiettes en étain ou en faïence, ceux-ci décorés de motifs en couleur, accrochés au mur, la grande fontaine à côté de la porte, composée d’un réservoir et d’un bassin, les farrats à l’évier, les pairòls, les casseroles, les poêles, le tout en cuivre pendu aux cloisons, mais qui n’est plus en service à notre époque, vous aurez un aperçu de la maison d’un coarre de chez nous. » (Extrait de Laguiole en Haut-Rouergue, de Georges Gaidou, 1952)

« Il existe encore, dans les vieilles maisons des cheminées montées avec luxe par d’habiles tailleurs de pierre. L’encadrement comprend deux piliers en pierre taillée, réunis à leur partie supérieure par un linteau en pierre, qui peut-être soit un monolithe, soit un arc à grand rayon formant voûte. Une telle construction, fort décorative, était coûteuse et indiquait une certaine aisance. Plus souvent, le linteau était une simple poutre en bois supportant un manteau en torchis, à laquelle s’adjoignait, vers la salle, une planche formant étagère.
Contre le mur, une crémaillère formée d’anneaux ronds en fer, permettait de suspendre les marmites à des hauteurs variables. Deux chenets en fer plus utiles que décoratifs, soutenaient les bûches qui ne devaient pas reposer sur les cendres. A proximité du feu, le sol de la cuisine était un pavé de pierre, à cause du danger d’incendie.
Le manteau de la cheminée, au-dessus du linteau, recevait les images religieuses face auxquelles la famille se plaçait à la fin de la journée pour la prière. Alors la cuisine devenait une réduction de l’église. Quant à l’étagère, avant de recevoir les boites à épices, usage récent, elle renfermait les objets qui ne devaient pas être à la portée des enfants : les allumettes, la petite lampe à pétrole en cuivre, le flacon d’alcali qu’on gardait précieusement, le fer à repasser, la réserve de savon de Marseille qu’il fallait sécher et durcir pour qu’il dure. Au printemps, on y plaçait, pour quelques jours, le premier bouquet de violettes. » (Extrait de “La maison rurale dans le Haut-Rouergue”, d’Albert Ginisty, dans Revue de la solidarité aveyronnaise, septembre-novembre 1974)

Lo Cairèl de Curièiras

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Grand-mère tricotant au coin du feu (canton), au Cayrel
© VASSAL Sylvie

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