Enquant a Cruèjols, 1999

Collecté en 1999 Sur la Commune de Cruéjouls Voir sur la carte
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Introduction

L’enquant de las armas est une vente aux enchères de produits locaux offerts par les habitants et rachetés par eux, dont le produit sert à payer les messes pour le repos des âmes des morts de la paroisse.

Cette vente se faisait et se fait encore dans certaines de ces paroisses : Sainte-Eulalie d'Olt, Malescombes, Lassouts, Cruéjouls, Le Cambon et Castelnau de Mandailles.

Aujourd’hui, les produits offerts ont quelque peu changé et les enchères, conduites naguère exclusivement en occitan, se sont ouvertes au français.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

TASSIER DANIEL, MODENEL ROBERT (PRêTRE)

né en 1948 à Cruéjouls ; le prêtre est de Thérondels.

Transcription

Occitan
Français
« Allez, un coble de pijons blancs ! Los lache pas parce que nos escaparián…
Allez, soassanta francs !
– Soixante-dix !
– Soixante-dix !
– Cent !
– Cent !
– Cent-dix !
– Cent dètz !
Cent soassanta, tres còps !
Allez, cinquanta francs !
Sètz pas merchands de polas…
Quaranta alara !
– Cinquante !
– Cinquanta !
– Soixante !
– Soixante !
E cent ! Cent, un còp ! Cent, dos còps ! E cent, tres còps !
– Quatre-vints !
– Quatre-vints !
– Quatre-vint-dètz !
– Cent !
– Cent-dètz !
– Cent-dètz !
– Cent-vint !
– Cent-vint !
– Cent trenta !
– Cent trenta !
Dos-cent-dètz, dos còps ! E dos-cent-dètz, tres còps !
Un polit panièr ambe de noses, aquí !
Allez, cent francs !
– Cent-vingt !
– Cent-vint !
Cent-quaranta, un còp ! Cent-quaranta, dos còps ! Cent-quaranta, tres còps !
Allez, la pastèca ambe lo panièr !
Quatre-vints francs !
– Quatre-vingt-dix !
– Quatre-vint-dètz !
Quatre-vint-dètz, un còp ! Quand mème !
– Cent !
– Cent !
– Cent-dix !
– Cent-dètz !
Cent-dètz, un còp !
– Cent-vingt !
– Cent-vint !
– Vingt-cinq !
– Cent-vint-a-cinc !
Cent-vint-a-cinc, un còp !
– Cent-trente !
– Cent-trenta !
Cent-trenta, un còp !
– Cent-quarante !
– Cent-quaranta !
Cent-quaranta, un còp !
– Cent-quaranta-dos !
– A ! Mossur lo mèra, quand mème ! Cent-quaranta-dos, un còp ! Cent-quaranta-dos, dos còps !
– Cent-quarante-cinq !
– Cent-quaranta-cinc, voilà !
Cent-quaranta-cinc, un còp ! Cent-quaranta-cinc, dos còps ! Cent-quaranta-cinc, tres còps !
Ten, un polit gal per far la mònta ! A la crèsta roja !
Allez, cinquanta francs !
Trenta francs ? Volètz que lo vos dòne ?
– Soixante !
– Soixante !
– Soixante-dix !
Soassanta-dètz !
– Quatre-vingts !
– Quatre-vints !
Quatre-vints, un còp ! Quatre-vints, dos còps ! E quatre-vints, tres còps !
E ben, n'i a un viatge ! Et puis c'est du Beauvais ! N'i a vint-a-cinc quilòs ! Son pas de traças de trufas !
Allez, cinquanta francs !
– Soixante !
– Soixante ! N'i a dos.
– Cent !
– Cent !
Cent-soassanta, dos còps ! E cent-soassanta, tres còps !
– Cent-dix !
– Cent-dètz !
Cent-dètz, un còp !
– Cent-vingt !
– Cent-vint !
– Cent-trente !
– Cent-trenta !
– Cent-quarante !
– Cent-quaranta !
– Cent-cinquante !
– Cent-cinquanta !
– Cent-soixante !
– Cent-soassanta !
Cent-soassanta, un còp ! Cent-soassanta, tres còps !
Cent-vint un còp ! Cent-vint dos còps ! Cent-vint tres còps !

Adujave a un altre e puèi a arrestat e ieu i fach la relèva.
– Alara, qual es que pòrta tot aquò que vendètz ?
– Lo monde del vilatge.
– E s'es totjorn fach coma aquò ?
– Totjorn.
– I a totjorn ajut de bestial…
– Oèi, oèi, dins lo temps i aviá mème de blat. Ara n'i a pas pus.

– Aquò's sustot pas un afaire d'argent per la Glèisa, aquò's un afaire de… Cossí dirai ? D'amistat entre lo monde per, totes ensemble, pregar per aquelses que nos an quitats. Aquò's lo culte dels anciens.
Pertot aquò se fa en general lo dimenge lo pus pròche de la fèsta de Totsants. Aquò se fa totjorn après la messa. Aicí, aquò se fa totjorn après la messa.
Tot lo monde se coneis, tot lo monde se frequenta. I a pas d'un costat la comuna, de l'autre costat la Glèisa. I a pas d'un costat l'escòla, de l'autre costat lo curat. I a tot lo monde ensemble, tot lo monde se tròba pertot e voldriam o gardar lontemps parce qu'encara nos coneissèm totes e ieu crese que, mème nos graupinham de temps en temps, nos aimam plan totes atanben. »
La vente pour les âmes
« Allez, un couple de pigeons blancs ! Je ne les lâche pas parce qu'ils nous échapperaient…
Allez, 60 francs !
– 70 !
– 70 !
– 100 !
– 100 !
– 110 !
– 110 !
– 160, 3 fois !
Allez 50 francs !
Vous n'êtes pas amateurs de poule…
40 alors !
– 50 !
– 50 !
– 60 !
– 60 !
Et 100 ! 100, une fois ! 100, deux fois ! 100, trois fois !
– 80 !
– 80 !
– 90 !
– 100 !
– 110 !
– 110 !
– 120 !
– 120 !
– 130 !
– 130 !
210, deux fois ! Et 210, trois fois !
Un joli panier avec des noix, là !
Allez 100 francs !
– 120 !
– 120 !
140, une fois ! 140, deux fois ! 140, trois fois !
Allez la pastèque avec le panier !
80 francs !
– 90 !
– 90 !
– 90, une fois ! Quand même !
– 100 !
– 100 !
– 110 !
– 110 !
– 110, une fois !
– 120 !
– 120 !
– 25 !
– 125 !
125, une fois !
– 130 !
– 130 !
130, une fois !
– 140 !
– 140 !
140, une fois !
– 142 !
– Oh ! Monsieur le maire, quand même ! 142, une fois ! 142, deux fois !
– 145 !
– 145, voilà !
145, une fois ! 145, deux fois ! 145, trois fois !
Tiens, un joli coq pour la reproduction ! Il a la crête rouge !
Allez, 50 francs !
30 francs ? Vous voulez que je vous le donne ?
– 60 !
– 60 !
– 70 !
– 70 !
– 80 !
– 80 !
80, une fois ! 80, deux fois ! Et 80, trois fois !
Eh bien, il y en a un chargement ! Et puis c'est du Beauvais ! Il y en a 25 kg. Ce ne sont pas de petites pommes de terre !
Allez, 50 francs !
– 60 !
– 60 ! Il y en a deux.
– 100 !
– 100 !
160, deux fois ! Et 160, trois fois !
– 110 !
– 110 !
– 110, une fois !
– 120 !
– 120 !
– 130 !
– 130 !
– 140 !
– 140 !
– 150 !
– 150 !
– 160 !
– 160 !
160, une fois ! 160, trois fois !
120, une fois ! 120, deux fois ! 120, trois fois !

J'aidais une autre personne et puis elle a arrêté et moi j'ai fait la relève.
– Alors qui apporte tout ce que vous vendez ?
– Les gens du village.
– Et ça s'est toujours fait comme cela ?
– Toujours.
– Il y a toujours eu des animaux…
– Oui, oui, dans le temps il y avait même du blé. Aujourd'hui il n'y en a plus.

– Ce n'est surtout pas une affaire d'argent pour l'Église, c'est une affaire de… Comment dirai-je ? D'amitié entre les gens pour prier tous ensemble pour ceux qui nous ont quittés. C'est le culte des anciens.
Partout cela se fait en général le dimanche le plus proche de la fête de Toussaint. Cela se fait toujours après la messe. Ici, cela se fait toujours après la messe.
Tout le monde se connaît, tout le monde se fréquente. Il n'y a pas d'un côté la mairie, de l'autre côté l'Église. Il n'y a pas d'un côté l'école, de l'autre côté le curé. Il y a tout le monde ensemble, tout le monde se retrouve partout et nous voudrions le garder longtemps parce qu'encore nous nous connaissons tous et je crois que, même si nous nous disputons de temps en temps, nous nous aimons bien tous aussi. »

Localisation

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