Aprene lo francés

Collecté en 2000 Sur la Commune de Centrès Voir sur la carte
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Introduction

Les enfants nés au début du XXe siècle arrivaient souvent à l'école parfaitement occitanophones mais peu ou pas du tout francophones et ils étaient punis quand ils parlaient leur langue maternelle, l'occitan. On leur suspendait parfois un sabot autour du cou pour les humilier.

L'autre méthode très efficace était celle du sinhal. Quand un enfant parlait occitan, le maître lui donnait un objet en bois appelé sinhal. Celui qui détenait le sinhal en fin de journée était puni. Pour se débarrasser de cet objet, les écoliers devaient dénoncer l'un de leur camarade qui s'était exprimé dans la langue interdite.

Certains enseignants respectaient cependant cette langue et l'utilisaient même parfois pour aider les enfants à apprendre le français.

L'emploi du mot “patois” était général pour désigner toute langue parlée sur le territoire français autre que la langue française. Ce terme péjoratif fut pourtant adopté par des populations auxquelles personne n'avait jamais expliqué l'origine véritable de l'idiome qu'elles employaient au quotidien.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

ELOI AZAM

né en 1914 à Taurines de Centrès.

Transcription

Occitan
Français
« Per aprene, aquò sia(gu)èt dificile…
Comencèrem per las letras alfabeticas, aquò durèt un an coma aquò, aquò durèt un brave briu. E pichon a pichon, apièi nos fasián far de mots ambe las letras alfabeticas, ambe las consonnes e ambe las voyelles, nos fasián far de mots e nos fasián prononçar. Los prononçàvem benlèu dètz còps, vint còps, ara aquò dintrava per una aurelha e sortissiá per l'autra se(g)urament. »
Apprendre le français
« Pour apprendre, ce fut difficile... Nous commençâmes par les lettres alphabétiques, cela dura un an comme cela, cela dura un bon moment. Et petit à petit, ensuite ils nous faisaient faire des mots avec les lettres alphabétiques, avec les consonnes et avec les voyelles ils nous faisaient faire des mots et ils nous faisaient prononcer. Nous les prononcions peut-être dix fois, vingt fois, maintenant cela entrait par une oreille et sortait par l’autre sûrement. »

Localisation

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