Gentille pastourelle

Collecté en 2003 par IOA Sur les Communes de Castelnau Pégayrols, Compeyre Voir sur la carte
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Introduction

Ces dialogues chantés entre une personne de rang élevé et une jeune femme de modeste extraction sont appelés pastorèlas. "Gentille pastourelle" est la plus répandue dans la région.

Toutes révèlent la situation diglossique de l'occitan par rapport au français, mêlée à un conflit de classes. Le seigneur s'adresse à la jeune femme en français. Il veut l'emmener, lui inculquer les bonnes manières et lui faire connaître le beau monde. La jeune femme lui répond en occitan et préfère rester dans sa campagne.

Il s'agit d'un genre populaire très ancien que l'on retrouve dans la lyrique des troubadours.

"Gentille pastourelle" a été publiée par Jean Fromen (1809-1880) d'Huparlac, sur l'air de "Il pleut, il pleut, bergère", dans Julito et Pierrou ou lou comi mal espeirat del moriatge, le 10 août 1840.

Adrienne tient cette pastorèla d'une voisine qui était originaire de la Lozère (ce qui explique l'emploi de darniá pour darnièr en fin de chanson).

Son

ADRIENNE MONTROZIER

née Caubel en 1932 à Castelnau-Pégayrols.

Transcription

Occitan
Français
« Gentille pastourelle,
Que tes airs sont charmants,
Comment fille si belle,
Peux-tu rester aux champs ?
Laisse là ta campagne,
Laisse là tes moutons,
Sois ma chère compagne,
Viens orner mon château.

– Aicí coma a la vila,
Al près de mos parents,
Mossur soi plan tranquilla,
Çai passe de bon temps.
N’ai pas granda fortuna,
Mès cependent n’ai pro,
Ne trobaretz ben una,
Laissatz-me d’onte soi.

– Sans toi je ne puis vivre,
Rends-toi donc à mes vœux,
Daigne, daigne me suivre,
Nous partirons tous deux.
Envers tes père et mère,
Tu feras ton devoir,
Souvent dans leur chaumière,
Tu reviendras les voir.

– Crente vòstra finessa,
Aime mai mos motons,
E me fariatz comtessa,
Que voldriái pas de vos…

– Plus je te considère,
Plus j’admire tes traits,
Ne sois pas si sévère,
Accepte mes bienfaits,
Ou bien de ton refus,
Indique-moi la cause,
Je n’insisterai plus.

– E ben perqu’o cal dire,
Mossur mon cur es pres,
Per un autre sospire,
Vos li faretz pas res.
Pierron fa mon caprice,
Ieu l’aime coma tot,
Vos fasètz mon suplice,
Aquò’s mon darniá mot. »

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