La mèstra e lo patoès

Collecté en 2000 Sur la Commune de Castanet Voir sur la carte
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Introduction

Les enfants nés au début du XXe siècle arrivaient souvent à l'école parfaitement occitanophones mais peu ou pas du tout francophones et ils étaient punis quand ils parlaient leur langue maternelle, l'occitan. On leur suspendait parfois un sabot autour du cou pour les humilier.

L'autre méthode très efficace était celle du sinhal. Quand un enfant parlait occitan, le maître lui donnait un objet en bois appelé sinhal. Celui qui détenait le sinhal en fin de journée était puni. Pour se débarrasser de cet objet, les écoliers devaient dénoncer l'un de leur camarade qui s'était exprimé dans la langue interdite.

Mais, comme en témoigne Juliette, certains enseignants respectaient cependant cette langue et l'utilisaient même parfois pour aider les enfants à apprendre le français.

L'emploi du mot “patois” était général pour désigner toute langue parlée sur le territoire français autre que la langue française. Ce terme péjoratif fut pourtant adopté par des populations auxquelles personne n'avait jamais expliqué l'origine véritable de l'idiome qu'elles employaient au quotidien.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

JULIETTE ET ALBERT TEULIER

née Frayssinet en 1924 à Castanet ; né en 1922 à L'Igue de Castanet, décédé en 2020.

Transcription

Occitan
Français
« La mèstra nos disiá :
“Il faut apprendre le patois !”
Perque en parlent, nos disiá que sabiam escriure melhor, vesètz…
En parlent, metèm… pels vèrbes o n'impòrta.
Nos fasiá parlar en patoès alara.
– Los participis passats.
Oui, nos fasiá parlar en patoès, oui, oui.
– Aprenguère lo francés a l'escòla, ieu du moins.
– Ieu atanben.
C'est-à-dire, ieu aviái pas que mon pèra, fa que… Ma mèra l'ai pas cone(g)uda e fa que nos parlava pas que patoès, tot lo temps, tot lo temps. »
La maîtresse et le patois
« La maîtresse nous disait :
“Il faut apprendre le patois !”
Parce qu’en parlant, elle nous disait que nous savions mieux écrire, vous voyez...
En parlant, disons... pour les verbes ou n’importe.
Elle nous faisait parler en patois alors.
– Les participes passés.
– Oui, elle nous faisait parler en patois, oui, oui.
– J’appris le français à l’école, moi du moins.
– Moi aussi.
– C’est-à-dire, moi je n’avais que mon père, ça fait que... Je n’ai pas connu ma mère et ça fait qu’il ne nous parlait que patois, tout le temps, tout le temps. »

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