Lo patoès

Collecté en 2000 Sur les Communes de Brandonnet, Compolibat, Prévinquières Voir sur la carte
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Introduction

A l'école, les enfants étaient punis quand ils parlaient leur langue maternelle, l'occitan. On leur suspendait un sabot autour du cou pour les humilier. L'autre méthode très efficace était celle du sinhal. Quand un enfant parlait occitan, le maître lui donnait un objet en bois appelé sinhal. Celui qui détenait le sinhal en fin de journée était puni. Pour se débarrasser de cet objet, les écoliers devaient dénoncer l'un de leur camarade qui s'était exprimé dans la langue interdite.

Certains enseignants respectaient cependant cette langue et l'utilisaient même parfois pour aider les enfants à apprendre le français.

Paul fait référence à l'instituteur et écrivain, fondateur du Grelh roergàs en 1921, Henri Mouly (1896-1981) de Compolibat.

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© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

BERTHE ET PAUL COSTES

née Lafon en 1921 à Compolibat ; né en 1913 à Brandonnet.

Transcription

Occitan
Français
« E quand anàvem a l'escòla caliá pas parlar patoès e coma sabiam pas parlar que lo patoès aviam reçachut sovent aquò suls dets ! Nos tustavan suls dets, quand parlàvem patoès, èra pas coma duèi !
– Aquò èra defendut de parlar patoès e pourtant sabiam pas qu'aquò.
– Et pourtant, escota, c'est vrai, coneissiam pas qu'aquò.
– Ieu soi estat a l'escòla a Compolibat ambe Enric Molin, n'avètz entendut parlar ?
– Lo Felibritge.
– Enfin, il est mort, enquèra li devi quatre cents linhas qu'ai pas fachas.
– Lo paure òme…
– Ai pas que paur que quand anarai al Paradís, se li es, que las me faga far, enquèra !
– E ben di(g)a, se las as pas fachas !
– Èri talament satge a l'escòla, ieu…
– L'aviá punit, vai me dire de qu'aviá fach… Se'n rapèla pas dempièi tan bèl brieu.
– Parce que un pauc cada jorn èri punit, anem…
Un còp li aviái facha una redaccion, ieu, aquel còp, sia(gu)èri lo prumièr, a l'escòla !
– De qu'aviás fach ? En patoès ?
– En patoès. La mamà m'aviá dich que me caliá anar portar una pola al curat. Coma l'aimavi pas tròp lo curat non plus…
– Que li fasiá recitar lo catechirme…
– I di(gu)èri : lo li te vòli pas portar. – Lo li te calrà prene e lo li portaràs ! – O, li di(gu)èri…
Dabans d'arribar a Compolibat, i aviá un tipe, lo Capdet del Margue qu'apelavan, qu'èra aimable aquel pepè ! Di(gu)èri : la portarai aquí, la pola, non pas al curat !
Finalement, agèri un bon poènt aquel còp ! »
Le patois
« Et quand nous allions à l’école, il ne fallait pas parler patois et, comme nous ne savions parler que le patois, nous avions reçu souvent ça sur les doigts ! Ils nous tapaient sur les doigts, quand nous parlions patois, ce n’était pas comme aujourd’hui !
– Il était interdit de parler patois et pourtant nous ne connaissions que ça.
– Et pourtant, écoute, c’est vrai, nous ne connaissions que ça.
– Moi j’ai été à l’école à Compolibat avec Henri Mouly, vous en avez entendu parler ?
– Le Félibrige.
– Enfin, il est mort, je lui dois encore quatre cents lignes que je n’ai pas faites.
– Le pauvre homme...
– Je n’ai qu’une peur, c’est, quand j’irai au Paradis, s’il y est, qu’il me les fasse faire, encore !
– Eh bien, dis, si tu ne les as pas faites !
– J’étais tellement sage à l’école, moi...
– Il l’avait puni, va me dire ce qu’il avait fait... Il ne s’en souvient pas depuis si longtemps.
– Parce que j’étais puni un peu chaque jour, allons...
Une fois je lui avais fait une rédaction, moi, cette fois-là, je fus le premier, à l’école !
– Qu’avais-tu fait ? En patois ?
– En patois. Ma maman m’avait dit qu’il me fallait aller porter une poule au curé. Comme je n’aimais pas trop le curé non plus...
– Parce qu’il lui faisait réciter le catéchisme...
– Je lui dis : je ne veux pas le lui apporter. – Il te faudra le lui prendre et tu le lui apporteras ! – Oh, lui dis-je...
Avant d’arriver à Compolibat, il y avait un type, le Cadet du Margue comme ils l’appelaient, qu’il était gentil ce pépé ! Je lui dis : je l’apporterai là, la poule, pas au curé !
Finalement, j’eus un bon point cette fois-là ! »

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