Los borruts per far de buòus

Collecté en 1997 par IOA Sur la Commune de Arvieu Voir sur la carte
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Introduction

Les veaux de pure race d’Aubrac qui redescendaient de l’estive âgés de sept à neuf mois étaient des borruts. Entre un et deux ans, on les appelait borrets ou borretas, à deux ans doblons ou doblonas et enfin, à trois ans, les treçons châtrés (sanats, asegats) étaient destinés au dressage pour le travail. Dresser se dit dondar ou adondar et joindre jónger. Le taureau est le brau et le bœuf lo buòu (une paire de bœufs : un parelh de buòus).

Quand on n’avait pas les moyens d’avoir un parelh de buòus, on utilisait des vaches.

Pour les dresser, on commençait souvent par joindre un jeune bœuf avec un bœuf plus expérimenté, tous deux attachés à la crèche dans l'étable. On les sortait ensuite pour les habituer à des travaux de plus en plus techniques. Le dressage des bœufs pour le travail était d'un bon rapport financier.

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LÉON CANAC

né en 1924 à Paulhe-Rovi d'Arvieu.

Transcription

Occitan
Français
« Nautres, cada an crompàvem dos o quatre borruts qu'apelàvem e, en general, crompàvem de bonas bèstias, tant pis se èran caras, de bonas…
E alara pièi los gardàvem un an per far la mònta, per çò que aviam de vacas d'Aubrac, coma aquò, e pièi los fasiam chastrar e pièi ne fasiam de buòus a tres ans.
Alara, per los dressar, nautres aviam pas plan lo temps alara çò que fasiam, los jongiam, lor metiam lo jo dessús… Va plan, los jongiam e los daissàvem a la grépia, aquí coma aquò, estacats. Lo premièr jorn, en general, metián lo cap per tèrra mès pièi lor fotiam un bon còp d'agulhon per dire que fotèsson lo cap dins la grépia. Quand podián arribar de fotre lo cap dins la grépia e ben disiam :
“Aquò comença de s'arrenjar.”
E pièi los i daissàvem aquí metèm doas o tres oras e pièi arribava un moment que se fotián a romiar. Quand se fotián a romar, disiam :
“Ara son dòndes.”
Èran pas dòndes mès enfin arribava que…
Pièi los preniam amb una agulhada e los anàvem far passejar. E pièi, se n'i aviá un de tròp recalcitrant, lo jongiam amb un buòu per dire de… Mès en general aquò marchava aital.
E pièi nautres acabàvem pas sovent de los adondar. Los metiam un pauc…
E los preniam a la fièira, lo monde nos fasián confiença, lor disiam : “Voilà,a la fièira, se vesètz un parelh de buòus que romian, avètz pas besonh d'avure lai, una pròva que son dòndes !” »
Les jeunes bouvillons pour faire des bœufs
« Nous, chaque année nous achetions deux ou quatre bouvillons et, en général, nous achetions de bonnes bêtes, tant pis si elles étaient chères, des bonnes...
Et alors ensuite nous les gardions un an pour faire la monte, parce que nous avions des vaches d’Aubrac, comme ça, et puis nous les faisions châtrer et puis nous en faisions des bœufs à trois ans.
Alors, pour les dresser, nous nous n’avions pas trop le temps alors ce que nous faisions, nous les joignions, nous leur mettions le joug dessus... Ça va, nous les joignions et nous les laissions à la crèche, là comme ça, attachés. Le premier jour, en général, ils mettaient la tête par terre mais ensuite nous leur foutions un bon coup d’aiguillon pour qu’ils foutent la tête dans la crèche. Quand ils pouvaient arriver à foutre la tête dans la crèche eh bien nous disions :
“Ça commence à s’arranger.”
Et puis nous les y laissions là mettons deux ou trois heures et puis il arrivait un moment où ils se foutaient à ruminer. Quand ils se foutaient à ruminer, nous disions :
“Maintenant, ils sont dressés.”
Ils n’étaient pas dressés mais enfin il arrivait que...
Puis nous les prenions avec un aiguillon et nous allions les promener. Et puis, s’il y en avait un de trop récalcitrant, nous le joignions avec un bœuf pour... Mais en général ça marchait comme ça.
Et puis nous nous n’achevions pas souvent de les dresser. Nous les mettions un peu...
Et nous les prenions à la foire, les gens nous faisaient confiance, nous leur disions : “Voilà, à la foire, si vous voyez une paire de bœufs qui ruminent, vous n’avez pas besoin de vous faire du souci, une preuve qu’ils sont dressés !” »

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