Me voliái levar matin…

Collecté en 2000 Sur les Communes de Bozouls, Rodez Voir sur la carte
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Introduction

La foi n'empêchait pas l'existence d'histoires drôles, de formules ou de chants satiriques ironisant sur le clergé, les paroissiens ou les pratiques religieuses. Les chants satiriques ironisant sur des institutions et les parodies du sacré sont calqués sur des matrices issues de la liturgie. Cette parodie du sacré dont le texte, qui devient comique tant il échappe à toute logique, se situe dans le registre littéraire de l’absurde.

Vidéo

© Amic BEDEL - Tous droits réservés Institut occitan de l'Aveyron

FERNAND BRALEY

né en 1915 à Rodez.

Transcription

Occitan
Français
« “Me voliái levar matin,
Lo solelh trescolava, elàs !
Me voliái levar matin,
Lo solelh trescolava.

Ne voliái anar al mercat,
Los autres tornavan, elàs !
Ne voliái anar al mercat,
Los autres tornavan.

Voliái crompar un pòrc gras,
Crompère una sauma sorda, elàs !
Voliái crompar un pòrc gras,
Crompère una sauma sorda.

Li volguère montar dessús,
Montère sus una soca, elàs !
Li volguère montar dessús,
Montère sus una soca.

Anère dins un país,
Qu’apelavan Tubas, elàs !
Anère dins un país,
Qu’apelavan Tubas.

A-n-aquel país dalhavan las vinhas,
E podavan los prats, elàs !
A-n-aquel país dalhavan las vinhas,
E podavan los prats.

Metián lo fen dins las barricas,
E lo vin dins las escuras, elàs !
Metián lo fen dins las barricas,
E lo vin dins las escuras.

Passère jost un figuièr,
Qu’èra cargat de cocorlas, elàs !
Passère jost un figuièr,
Qu’èra cargat de cocorlas.

Una me tombèt sus un artèlh,
Me fa(gu)èt sagnar la lenga, elàs !
Una me tombèt sus un artèlh,
Me fa(gu)èt sagnar la lenga.”

E ben l’aviás apresa al Cambon ambe…
– E ben sai pas, aquò me ven coma aquò…
– Mès aquò’s ben…
– Ouais mès n’i a ben sai pas quantes d’ans…
– E ben… E ben l’aviás apresa…
– Eh oui, oui…
– Quand ères jove al Cambon…
– Oui perque l’ai pas jamai vista escricha sus libres…
– Non coma aquò. »
Je voulais me lever de bonne heure…
« “Je voulais me lever de bonne heure,
Le soleil se couchait, hélas !
Je voulais me lever de bonne heure,
Le soleil se couchait.

Je voulais aller au marché,
Les autres revenaient, hélas !
Je voulais aller au marché,
Les autres revenaient.

Je voulais acheter un porc gras,
J’achetai une ânesse sourde, hélas !
Je voulais acheter un porc gras,
J’achetai une ânesse sourde.

Je voulus lui monter dessus,
Je montai sur une souche, hélas !
Je voulus lui monter dessus,
Je montai sur une souche.

J’allai dans un pays,
Qu’on appelait Brouillard, hélas !
J’allai dans un pays,
Qu’on appelait Brouillard.

Dans ce pays ils fauchaient les vignes,
Et ils taillaient les prés, hélas !
Dans ce pays ils fauchaient les vignes,
Et ils taillaient les prés.

Ils mettaient le foin dans les barriques,
Et le vin dans les granges, hélas !
Ils mettaient le foin dans les barriques,
Et le vin dans les granges.

Je passai sous un figuier,
Qui était chargé de courges, hélas !
Je passai sous un figuier,
Qui était chargé de courges.

Une me tomba sur un orteil,
Elle me fit saigner la langue, hélas !
Une me tomba sur un orteil,
Elle me fit saigner la langue.”

Eh bien, tu l’avais apprise au Cambon avec...
– Eh bien, je ne sais pas, ça me vient comme ça...
– Mais c’est bien...
– Ouais, mais il y a bien je ne sais combien d’années...
– Eh bien... Eh bien, tu l’avais apprise...
– Eh oui, oui...
– Quand tu étais jeune, au Cambon...
– Oui parce que je ne l’ai jamais vue dans un livre...
– Non, comme ça. »

Localisation

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